Une sélection publiée par Cinenews nous a donné envie de reprendre la conversation. Pour Connivence, nous avons préféré demander quels films donnent au désir une véritable présence cinématographique. Voici dix réponses possibles, sans classement.
1. In the Mood for Love
Wong Kar-wai, 2000
Le désir vit dans ce qui n’arrive presque jamais. Couleurs, musique et gestes retenus composent une intimité plus puissante que bien des scènes explicites.
2. La Piscine
Jacques Deray, 1969
Une villa, quatre personnages et une tension qui se déplace sans cesse. Une esthétique solaire qui rappelle combien le désir devient dangereux lorsqu’il remplace la parole.
3. L’Affaire Thomas Crown
John McTiernan, 1999
Une séduction adulte, ludique et parfaitement habillée, où l’intelligence, l’humour et l’égalité dans la répartie comptent davantage que le luxe du décor.
4. Carol
Todd Haynes, 2015
Un geste et quelques regards suffisent. La délicatesse du récit donne au désir une texture intime et somptueuse.
5. The Handmaiden
Park Chan-wook, 2016
Un thriller baroque où deux femmes retournent contre leurs geôliers les rôles qu’on leur imposait. Le désir accompagne ici une émancipation.
6. Belle de jour
Luis Buñuel, 1967
Une exploration surréaliste de la frontière entre fantasme et réalité, et le rappel qu’un fantasme n’est jamais une obligation d’agir.
7. Bound
Lana et Lilly Wachowski, 1996
Sous les codes du film noir, le désir devient confiance, complicité et force d’évasion.
8. Une liaison pornographique
Frédéric Fonteyne, 1999
Le titre promet beaucoup, le film montre peu. Il préfère les mots et cette zone où une relation définie par ses règles découvre qu’elle possède aussi un cœur.
9. Secretary
Steven Shainberg, 2002
Une étrangeté tendre sur deux personnages qui apprennent progressivement à nommer leurs désirs, sans ériger les situations montrées en modèle relationnel.
10. Basic Instinct
Paul Verhoeven, 1992
Un objet de cinéma excessif, froid et stylisé, où le thriller transforme le désir en arme narrative.
Notre définition d’un film sensuel
Une œuvre sensuelle n’est pas nécessairement rassurante, romantique ni exemplaire. Le cinéma peut explorer la jalousie, l’obsession ou la manipulation parce qu’il permet de les observer sans les confondre avec un idéal à vivre.
Pour Connivence, la sensualité la plus intéressante reste celle qui laisse une place à l’autre. Elle écoute, imagine, attend et accepte que toute porte puisse rester fermée.
Les scènes les plus sensuelles ne montrent pas toujours davantage. Très souvent, elles nous font simplement ressentir davantage.
Point de départ : Cinenews. Regards complémentaires : BFI et Criterion.