CONNIVENCELE CARNET
C

BELLES LECTURES & CINÉMA · OLI&MU · LECTURE 9 MIN

Dix films où le désir fait du cinéma.

La sensualité ne se mesure pas au nombre de corps dévoilés. Elle naît parfois d’un silence trop long, d’une main retenue ou d’un regard que l’on aurait dû détourner.

Une sélection publiée par Cinenews nous a donné envie de reprendre la conversation. Pour Connivence, nous avons préféré demander quels films donnent au désir une véritable présence cinématographique. Voici dix réponses possibles, sans classement.

1. In the Mood for Love

Wong Kar-wai, 2000

Le désir vit dans ce qui n’arrive presque jamais. Couleurs, musique et gestes retenus composent une intimité plus puissante que bien des scènes explicites.

2. La Piscine

Jacques Deray, 1969

Une villa, quatre personnages et une tension qui se déplace sans cesse. Une esthétique solaire qui rappelle combien le désir devient dangereux lorsqu’il remplace la parole.

3. L’Affaire Thomas Crown

John McTiernan, 1999

Une séduction adulte, ludique et parfaitement habillée, où l’intelligence, l’humour et l’égalité dans la répartie comptent davantage que le luxe du décor.

4. Carol

Todd Haynes, 2015

Un geste et quelques regards suffisent. La délicatesse du récit donne au désir une texture intime et somptueuse.

5. The Handmaiden

Park Chan-wook, 2016

Un thriller baroque où deux femmes retournent contre leurs geôliers les rôles qu’on leur imposait. Le désir accompagne ici une émancipation.

6. Belle de jour

Luis Buñuel, 1967

Une exploration surréaliste de la frontière entre fantasme et réalité, et le rappel qu’un fantasme n’est jamais une obligation d’agir.

7. Bound

Lana et Lilly Wachowski, 1996

Sous les codes du film noir, le désir devient confiance, complicité et force d’évasion.

8. Une liaison pornographique

Frédéric Fonteyne, 1999

Le titre promet beaucoup, le film montre peu. Il préfère les mots et cette zone où une relation définie par ses règles découvre qu’elle possède aussi un cœur.

9. Secretary

Steven Shainberg, 2002

Une étrangeté tendre sur deux personnages qui apprennent progressivement à nommer leurs désirs, sans ériger les situations montrées en modèle relationnel.

10. Basic Instinct

Paul Verhoeven, 1992

Un objet de cinéma excessif, froid et stylisé, où le thriller transforme le désir en arme narrative.

Notre définition d’un film sensuel

Une œuvre sensuelle n’est pas nécessairement rassurante, romantique ni exemplaire. Le cinéma peut explorer la jalousie, l’obsession ou la manipulation parce qu’il permet de les observer sans les confondre avec un idéal à vivre.

Pour Connivence, la sensualité la plus intéressante reste celle qui laisse une place à l’autre. Elle écoute, imagine, attend et accepte que toute porte puisse rester fermée.

Les scènes les plus sensuelles ne montrent pas toujours davantage. Très souvent, elles nous font simplement ressentir davantage.

Point de départ : Cinenews. Regards complémentaires : BFI et Criterion.