« Libertin » n’a pas toujours signifié ce que nous entendons aujourd’hui. Le mot a traversé plusieurs siècles, plusieurs combats et plusieurs imaginaires.
Au XVIIe siècle, l’esprit fort.
Le libertin érudit questionne les dogmes, observe le monde et revendique le droit au doute. Cette histoire n’est pas celle d’un mouvement unique : elle rassemble des auteurs et des attitudes diverses, souvent contraints à la prudence.
Au XVIIIe, les mœurs et le récit.
Le roman, le théâtre et les mémoires donnent au désir une scène nouvelle. La conversation, les salons et la critique sociale s’y mêlent. Mais cette esthétique historique comporte aussi rapports de classe, inégalités et manipulations qu’il serait faux d’idéaliser.
Le mot contemporain.
Aujourd’hui, le libertinage désigne surtout des pratiques sexuelles consenties hors de l’exclusivité traditionnelle. Elles peuvent être anonymes ou relationnelles, commerciales ou amicales, élégantes ou ordinaires. Il n’existe pas un seul libertinage moderne.
Notre choix n’est pas de revenir au XVIIIe siècle. Il est d’en reprendre le goût de la conversation et du temps, en y ajoutant les principes contemporains d’égalité et de consentement.


