LE CARNET INTIME DE MURIEL · REGARD DE FEMME · LECTURE 6 MIN

Au-delà des rôles : pourquoi je préfère l’équilibre à la domination.

Soumission ou domination, comme s’il n’existait que ces deux cases. À ces jeux de pouvoir scénarisés, je préfère une tension plus vivante : celle de l’équilibre.

Au-delà des rôles : pourquoi je préfère l’équilibre à la domination.

On me pose souvent la question, au détour d’une conversation sur la liberté des corps ou dans la pénombre d’un échange plus intime : « Et toi, Muriel, de quel côté te situes-tu ? Dominante ou soumise ? »

Comme s’il n’existait que ces deux cases. Comme si l’érotisme devait obligatoirement s’articuler autour d’un rapport de force, d’un maître et d’un sujet, d’un pouvoir concédé ou confisqué.

Je vais être tout à fait franche avec vous : les jeux de soumission et de domination n’ont jamais été ma tasse de thé. Mieux encore, ils incarnent une vision de l’intimité qui ne me correspond absolument pas. Laissez-moi vous expliquer pourquoi, avec mon œil de femme attentive, mais aussi à la lumière de ce que la psychologie nous enseigne sur ces dynamiques.

La tentation du contrôle : ce que cache la mise en scène

La culture contemporaine a largement popularisé ces jeux de rôles. Pour certains, s’abandonner à la soumission est une manière de lâcher prise, de mettre en pause la charge mentale du quotidien. Pour d’autres, dominer offre le sentiment rassurant d’avoir le contrôle absolu.

Pourtant, d’un point de vue psychologique, la recherche de domination ou de soumission repose presque toujours sur une mécanique de compensation.

Le besoin de domination prend souvent sa source dans une difficulté à accueillir la vulnérabilité de l’autre, et la sienne propre. Dominer, c’est dresser une muraille. C’est théâtraliser l’échange pour éviter la véritable rencontre, celle qui met les âmes à nu sans l’artifice d’un fouet ou d’un ordre.

Le penchant pour la soumission, quant à lui, traduit fréquemment un besoin de validation extérieure poussé à l’extrême ou une habitude de s’effacer pour plaire.

Sans porter le moindre jugement moral sur ceux qui y trouvent leur compte, ce théâtre du pouvoir me laisse froide. Pourquoi ? Parce qu’en érigeant la hiérarchie en moteur du désir, on passe à côté de ce qui fait la beauté la plus pure de la rencontre : la réciprocité spontanée.

Le piège de l’asymétrie

Dans un jeu où l’un s’élève en abaissant l’autre, l’érotisme devient asymétrique. Même lorsque tout est codifié, consenti et « sécurisé », la structure même de l’échange repose sur un déséquilibre artificiel.

Mon attention de femme s’arrête sur les détails : la spontanéité d’un regard, la justesse d’un geste, la délicatesse d’une hésitation. Or, la domination exige une posture figée, un scénario. Elle impose une distance là où je cherche la proximité. Elle demande d’exécuter ou de commander, là où je ne souhaite que ressentir.

Surtout, ces rôles tendent à réduire l’individu à une fonction. On ne rencontre plus l’homme ou la femme dans sa complexité globale ; on interagit avec un archétype. Et pour moi qui privilégie la sélectivité et la profondeur des liens, l’archétype manque cruellement d’humanité.

La vraie noblesse du désir : le jeu de l’équilibre

À ces rapports de force scénarisés, je préfère mille fois la danse de l’équilibre.

L’équilibre n’est pas la monotonie. Ce n’est pas un entre-deux tiède où rien ne se passe. Au contraire ! L’équilibre est une tension vivante, une attention constante portée à l’autre. C’est l’art de savoir offrir du plaisir autant que d’en recevoir, sans jamais s’effacer ni imposer.

Dans ma vision du libertinage et des relations amoureuses et érotiques, le véritable pouvoir réside dans l’attention :

  • L’écoute subtile : être à l’affût des désirs de l’autre sans qu’il ait besoin d’émettre un ordre ou une supplique.
  • La vulnérabilité partagée : oser être pleinement soi-même, sans masque ni fouet, et accueillir l’autre dans toute sa vérité.
  • La réciprocité fluide : permettre au désir de circuler librement, comme une balle que l’on se renvoie avec grâce, où chacun est tour à tour l’écrin et le joyau.

Une question de maturité relationnelle

Au fond, renoncer à la domination et à la soumission, c’est faire le choix de la maturité. C’est comprendre que la plus grande sensualité ne naît pas de la contrainte, même ludique, mais de la liberté absolue de deux êtres d’égal à égal qui choisissent de s’apprivoiser.

Sur Connivence, c’est cet esprit que nous cultivons avec Olivier. Un espace où l’élégance prime sur le spectaculaire, où le respect remplace la théâtralité, et où la véritable séduction se joue dans la finesse d’un échange équilibré.

La prochaine fois que l’on me demandera si je préfère soumettre ou être soumise, je répondrai simplement que je préfère regarder mon partenaire dans les yeux... exactement à la même hauteur.

Bisou Coquin
Muriel · Le Carnet intime

Signature de Muriel
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